un souvenir de Nulle-part

Comment c’est par la fin ?

détour d’expérience

Le lundi quatre décembre 2023, soit presque une semaine avant que j’entame l’écriture de ces quelques lignes, je recevais un message d’une personne du service des ressources humaines sur la messagerie instantanée d’entreprise m’enjoignant de la rappeler. Étant dans un lieu public, occupé démêler l’écheveau des règles de style conjuguées de SharePoint et Powell en vue d’une réunion difficile, je demandai à repousser l’appel plus tard dans la journée, de préférence après treize heures.

Aussitôt un symbole de phylactère contenant des points de suspension s’anima en bas de la fenêtre de discussion, m’informant d’une réponse imminente. « Maintenant serait préférable, mon agenda est serré. » Soit, aussi rappelais-je ma correspondante qui ne tarda pas à m’annoncer la fin de mon contrat et à me demander de procéder à la réinitialisation et la mise en carton de mes outils de travail, le transporteur étant programmé pour venir chercher le tout à mon domicile.

Dans ces situations, mes aptitudes sociales régressent, basculent en mode automatique, me font prononcer des mots comme « je comprends ». J’eu cependant le réflexe de poser une question naïve sur la tenue de l’entretien concernant un changement de poste prévu pour le mercredi suivant. Question suivie d’une coupure de la communication — due au hasard ? — puis d’un rappel rapide pour me signifier que non, au revoir et bonne continuation.

La colère vint juste après, après avoir salué en vitesse mes collègues dans un canal de discussion, après avoir contacté le commercial pour qui j’avais animé des ateliers avec des clients, après les retours de surprise et d’incompréhension de toutes et tous. Je laissai alors un dernier message bref et amer pour les clients pour avec lesquels je devais travailler dans les jours à venir et un message de dépit sur linkedin qui me valut un message de menace évoquant la possibilité d'une sanction disciplinaire[1] pour manque de loyauté envers mon employeur. Pendant quelques échanges je taquinai un peu mes correspondants devant le ridicule et la candeur de leur réaction avant de supprimer mon post avant qu'il n'ait atteint les mille vues. Je laissai cependant un mot court expliquant sa disparition.

Voilà, c'était le 4 décembre dernier, retour Nulle-part, réveil de sui generis.