une travée des Souvenirs de nulle-part comportant 7 entrées
Deuxième jour
Ainsi ai-je débuté, pour la seconde fois, un protocole pour définir une dose de Méthylphénidate nécessaire et suffisante pour mon quotidien. Aussi commencé-je une sorte de carnet publique dont la tenue en elle-même sera un bon indicateur de succès. Je vous passe les tours et détours ayant aboutis à l’obtention d’un rendez-vous auprès d’un spécialiste à même de rédiger une prescription mais voilà, j’y suis, avec pas mal d’attentes et un peu d’impatience — ce qui est après tout lié. Cependant, ayant attendu 42 ans pour me poser la question, 44 ans pour un diagnostique et presque un an pour une prescription je dois pouvoir prendre le temps de bien faire, progressivement.
Le lundi quatre décembre 2023, soit presque une semaine avant que j’entame l’écriture de ces quelques lignes, je recevais un message d’une personne du service des ressources humaines sur la messagerie instantanée d’entreprise m’enjoignant de la rappeler. Étant dans un lieu public, occupé démêler l’écheveau des règles de style conjuguées de SharePoint et Powell en vue d’une réunion difficile, je demandai à repousser l’appel plus tard dans la journée, de préférence après treize heures.
J’avais évoqué dans un billet de 2020 ma tendance naturelle à me mettre en retrait, « à côté de l’action principale », non pour m’en extraire mais pour essayer de comprendre tous les enjeux et les dynamiques collectives ou personnelles qui s’y entremêlent. Cette démarche d’observation, je n’ai jamais vraiment réussi à me l’appliquer ; jusqu’à la semaine passée…
Pensée tandis qu’immobile devant mon carnet carré, cette note constate l’importance de consigner ses idées quelque part. Je me suis couché sur une idée de dessin pour mon café du jour sans parvenir à m’en rappeler désormais que ma boisson chaude a été consommée. Seul demeure le souvenir d’une inspiration.
Après avoir conçu et récupéré mes premières cartes de visite aux couleurs de sui generis j’ai commencé à les distribuer. Je viens de remettre la troisième à une confiserie — enfin un magasin de sucreries et autres snacks d’import.