un souvenir de Nulle-part

Café Léo

Le temps des cerises torréfiées

Le retour dans les Pyrénées-Orientales m’avait laissé sur ma soif de bon café : un café qui permet au palais et au nez de profiter du potentiel sensoriel de la boisson chaude. Leigh et Sarah m’ont bien trop éduqué au café de spécialité et à sa richesse.

Aussi, lorsqu’à l’occasion d’une déambulation à Perpignan entre la place de Catalogne et celle d’Arago, je notais le dénuement — ostentatoire — d’un commerce remplaçant un salon de coiffure dont la devanture, simple baie vitrée, ne cachait rien du comptoir, dominé par un imposant percolateur et deux moulins, ni de la carte proposée, composée en lettres magnétiques noires sur un mur immaculé, je n‘hésitais pas une seconde et poussais (fermement : le menuiserie en aluminium frottais quelque peu) la porte portant le nom du lieu et semblait-il, du propriétaire : « Café Léo ».

Je m'y sentis bien accueilli et non assailli. J'eus tout loisir de choisir ma boisson en parcourant des yeux les lettres aimantées à leurs réglettes murales. Tout était clair : méthode d'extraction, origine du café, notes aromatiques dominantes et… prix évidemment. Après quelques minutes de réflexion je commandais un café éthiopien aux accents cacaotés en extraction lente (filtre V60) et sortais mon stylo Platinum Carbon pour commencer à tracer quelques ligne tandis que Léo pesait les grains et vérifiait la température de l’eau.

Ma boisson me fut présentée sur un plateau en bois où reposaient une tasse, la verseuse contenant le café filtré et un verre d’eau fraîche gazéifiée proposé pour se rincer le palais avant la dégustation. Je retrouvais alors la richesse des parfums et arômes découverts à Bressuire aux 4uatre coins de Leigh et Sarah et passais un bon moment à dessiner et apprécier ce moment privilégié. Depuis ce lieu est devenu halte coutumière lors de mes passages au centre-ville.