Un souvenir de Nulle-part

Platinum Blue Black

À l’encre de tes cieux

J’ai commandé un stylo plume, encore un. Le stylo n’est pas le sujet de ce billet — son tour viendra cependant — qui est consacré à la cartouche bonus l’accompagnant.

Couleur

Il est toujours délicat de parler d’une teinte sachant que toute personne dotée d’yeux considérés comme fonctionnels a sa propre perception des nuances colorées. Nos yeux ne sont pas des spectromètres calibrés ; aussi mes observations seront à prendre comme des ressentis, des évocations.

L’appellation « bleu noir » (traduction littérale de blue black) n’est pas usurpée. Cette encre est avant tout de couleur bleue dans une nuance foncée et en aucun cas une encre noire avec des reflets bleutés. Cela ne surprendra pas les connaisseurs de la marque Platinum qui savent qu’elle ne s’encombre pas de poésie dans ses libellés mais tend au descriptif aride. On n’est pas chez Jacque Herbin que diable !

Pour essayer d’aller plus loin dans la description de la couleur, je parlerais d’un bleu discret et sobre qui s’inscrit sur le papier avec un bon contraste sans crier sur le lecteur. Blue Black pourra couvrir tous vos besoins de manuscrit : de la lettre d’amour au courrier de résiliation à France Loisirs en passant par la demande d’augmentation.

Comportement

Le rendu est mat, même au sortir de la plume. Il est également assez homogène. La pression que j’applique en écrivant n’est pas régulière[1] et pour autant le tracé final ne résulte pas en une succession de dégradé de bleu. Si bien sûr la plume joue un rôle non nul dans cette appréciation, l’opacité de l’encre et la qualité de la pigmentation entrent en compte.

J’ai essayé la Blue Black sur divers papiers dont je disposais (et je possède bien trop de carnets et papiers différents) car, après tout, l’encre seule ne sert à rien (encore moins dans une cartouche qui ne peut décorer un bureau comme le peuvent les flacons d’encre en verre) sans papier pour la recevoir.

Que ce soit sur du papier machine recyclé premier prix, le papier quadrillé d’un carnet A6 de marque distributeur, le papier épais et texturé de cartes de correspondance, le papier ivoire d’une carnet art création de Talens ou le Montval de Canson, l’encre Blue Black se comporte très bien. Sur le papier recyclé elle se tient même, à ma surprise, mieux que la Carbon en se diffusant à peine, voir pas, dans les fibres alors que cette dernière emprunte quelque fois des chemins de traverse (certes brefs et contenus) dans les défauts du papier.

En conclusion

Je ne suis pas le plus grand utilisateur des encres bleues. Peut-être leur utilisation obligatoire lors de mes jeunes années passées sur les chaises de l’Éducation nationale m’en ont vacciné. Je pourrais cependant faire une exception pour celle-ci et qui sait, peut-être commanderai-je un jour un flacon « Blue Black » qui rejoindra ses homologues « Carbon » et « Brun Sepia » sur mon bureau, à portée de convertisseur.