Volutes de velours

le classé dans et

M’écartant pour un soir de mon gargantuesque juke-box numérique, j’ai parcouru, sans vraiment y chercher quelque chose de précis, la colonne de disques barrant le mur du salon. Mes doigts se sont arrêtés sur la tranche de cet album : Who Used To Dance.

photographie du CD posé sur le tiroir du lecteur

Abbey Lincoln

Ce disque, c’est avant tout une voix ; celle d’Abbey Lincoln. À chaque écoute, je me fais accrocher par son grain. Je me laisse entraîner par le rythme sans faille de son phrasé. Je suis suspendu à son souffle. En un mot ? Subjugué.

Le plaisir

J’ai beau savoir à quoi m’attendre, j’ai toujours la même inquiétude avant de laisser le lecteur avaler le disque : “L’ambiance est-elle à la hauteur de l’écoute ?”. Mais quand les premières vibrations sortent des enceintes ; quand les notes et le mots emplissent l’espace… N’importe que tissu suédois fabriqué en chine prend la texture d’un vieux cuir patiné. N’importe quel salon éclairé “basse-conso” propose soudain la chaude pénombre d’un club de jazz. Quand Abbey chante, tout est plus doux ; tout va mieux pour un instant. Le reste s’oublie…

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