Dématerialisé, vraiment ?

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20 mois avec une bibliothèque numérique portable : le Cybook Opus

Flashback (en abîme)

Début 2010, l’iPad est annoncé et de longues listes d’attentes se constituent. Impatience, mépris et curiosité s’emmêlent violemment sur Internet. Je pense à prendre mon ticket mais, dans le même temps, cette nouvelle réveille en moi le souvenir d’une vitrine perdue au Conservatoire national des arts et métiers. Dans une salle dédiée à l’écrit et à ses supports on pouvait voir une feuille, en fait un sandwich composé de micro billes, moitié noires, moitié blanches, et de fines tranches de plastique. J’étais alors encore sur les bancs de l’école Estienne, au cœur de l’objet livre : encre, papier, cuir et plomb. La promesse de voir celui-ci composé d’une seule page physique me fascina.

Huit année passèrent. Retour en 2010 et aux allées de la FNAC dans lesquelles j’observais alors, posés de guingois, reliés à leur cordons ombilicaux antivol, deux objets baptisés livres électroniques. Un de marque SONY et l’autre Bookeen ou Cybook — cela dépendait de l’étiquette regardée. Vu l’état d’abandon de ces deux produits je décidais de n’acheter aucun des deux et de trouver une source d’information fiable. Je me souvins alors d’un site ebouquin dont la lecture me convainquit de faire l’acquisition du second : le Cybook Opus de la société Bookeen (achat qui eut lieu chez Virgin, comme quoi…).

Cybook Opus

Retour au présent et au quotidien

Si l’on prend soin de ne pas utiliser l’imposant (et ce n’est rien de l’écrire) étui alors livré avec l’appareil — ce n’est peut être plus le cas aujourd’hui — , celui-ci peut se glisser dans la plupart des poches de veste ou de manteau.

Opus et son étui de profil

À peine plus grand qu’un livre de poche mais vraiment plus fin l’Opus est le compagnon de tous mes voyages : RER, bus de la ligne 92, TGV ou avion. Sa conception simple et à posteriori robuste — car je ne l’ai pas épargné — en font pour moi un bon baroudeur.

Dans la poche

Son autonomie se comptant en jours, en semaines voir en mois, selon son utilisation, y participe également. Bien sûr avec l’arrivée d’un iPad entre mes mains il a été un peu délaissé (surtout la nuit) mais au soleil, à la terrasse d’un café ou sur la plage il m’est indispensable. Des caractères bien formés, pas de reflet ni de page qui se tourne toute seule sous l’effet du vent, pas non plus d’éblouissement dû au papier blanchi.

Au soleil

Quelques points de détail

Pour les yeux

Je ne reviens pas sur le confort procuré par l’encre électronique pour la lecture de longs textes ni la chance de pouvoir choisir la taille des caractères voir les caractères eux-même. Il faut cependant savoir que le flash noir, inhérent à cette technologie, peut se révéler très désagréable pour certaines personnes sensibles physiquement aux changement rapides de contraste (comme dans un effet stroboscopique).

Toujours dans la rubrique « faites du bien à vos yeux », j’apprécie beaucoup la possibilité de choisir une police de caractère et de pouvoir en ajouter moi-même. Je recommande, par exemple, un passage par Google web fonts ou Font Squirrel pour faire son marché. Testez-les polices envisagées sur un texte long dans une justification (une longueur de ligne) semblable à celle d’un livre de poche.

Pour les mains

Je ne sais pas si cela a évolué dans les modèles colorés mais les boutons, notamment ceux de changement de page, sont assez durs. Cela joue du coup sur l’impression générale de manque de fluidité — qui est surtout criante par rapport à une lecture sur iPad.

L’adoré sur tranche

Le petit Cybook est doté d’un accéléromètre lui servant à déterminer son orientation pour vous proposer les pages dans le bon sens. J’avoue surtout aimer le fait que l’on puisse le désactiver ; mais cela m’est sans-doute propre.

L’alimentation de l’Opus

Le port mini USB dont il est doté sert à la fois de vecteur d’énergie, pour le recharger, et de communication, pour ajouter des livres, des images ou des typo. *mais pas pour le mettre à jour** (voir plus loin).

Un port standard !

En ce qui concerne les livres, vous pouvez les gérer à la main (en l’absence de DRM), via Calibre ou Adobe Digital Edition si vous avez choisi comme moi l’option DRM Adobe (mais je n’achète jamais, en connaissance de cause, d’ePub avec DRM). Je vous conseille de vous rendre sur le site de Bookeen pour connaître les différents formats supportés.

Un truc énervant (mais vraiment)

Micro SD !

Du moins pour moi : pour mettre à jour le petit Cybook il faut obligatoirement passer par une carte micro SD, carte dont le format me semble surtout être approprié aux téléphones d’un autre âge et qu’il ne m’intéresse pas mais alors pas du tout de posséder. Pourquoi ne pas passer par le stockage interne et la câble USB qui fonctionne si bien ? Cela m’est tellement rédhibitoire que seule la perspective de recevoir bientôt un Odyssey utilisant le même support m’a fait acheter une de ces cartes et m’a ainsi permis de mettre à jour l’appareil. Je me demande combien de temps va-t-il me falloir pour la paumer cette bon-sang de carte…

Pour conclure, sans malentendu

L’Opus a vu son tarif baisser sérieusement depuis mon achat. Il faut bien sûr comparer avec les offres concurrentes mais pour 99 € on peut disposer d’une solution robuste et ma fois assez pratique pour ne jamais manquer de lecture. Bien sûr on dispose alors d’un appareil réservé à la lecture simple (pas d’annotation ou de synchronisation in the cloud)

D’ailleurs, même si j’ai fait l’acquisition d’un Odyssey — parce que, vous savez, le tactile quand on y a goûté… — je ne pense pas pour autant que son prédécesseur prenne la poussière. Je crains moins l’emmener dans mes balades cyclistes dans les vignes ou sur les bords de mer. Et puis, je l’aime bien mon petit Cybook !

Vous pouvez voir les photographies illustrant cet article en plus grand sur Flickr.